Un climatologue
s'exprime le 02 Jul 2007 Le réchauffement climatique existe-t-il hors des
modèles informatiques? La question semble saugrenue tant le sujet a cessé
d'être débattu dans les médias pour s'établir comme une indiscutable
certitude, une donnée, un fait accompli. Il reste pourtant quelques voix
dissonantes qui parviennent à dépasser ce brouhaha convenu - des voix qui
mériteraient d'être entendues.
Bien sûr, qu'un individu aille
dire que tout cela est exagéré et on le traitera en paria, ou on refusera
de le prendre au sérieux en disant qu'il n'est pas un expert. Avez-vous
remarqué comme n'importe qui a le droit de s'effrayer et de discourir
sur la réalité du réchauffement, tandis qu'il faut être un expert avoir
un avis contraire? Mais que rétorquer alors quand un climatologue
dénonce lui-même l'hystérie du réchauffement climatique? Jugez vous-même.
Voilà une
interview
de l'iconoclaste - transmise par Roland Milelli, que je remercie au
passage. Marcel Leroux, professeur en climatologie à l'université Jean
Moulin de Lyon III et directeur depuis 1986 du Laboratoire de
Climatologie, Risques, Environnement (CNRS), est l'auteur du premier
livre de climatologie en français traduit en anglais, La Dynamique du
temps et du climat (éditions Dunod, 1996). Après la parution de The
Meteorology and Climate of tropical Africa, aux Editions Springer en 2001,
il a achèvé son troisième ouvrage, Global Warning, myth or reality,
disponible depuis décembre 2006. - Tout le monde s'accorde à dire que
la planète se réchauffe. Qu'en pensez-vous? En me parlant de
réchauffement, vous voulez sûrement me faire peur, moi qui ai vécu 40 ans
en Afrique! Personnellement, je souhaite que la terre se réchauffe. C'est
d'ailleurs la position de la Russie, qui considère qu'un réchauffement
serait bénéfique. En effet, cela nous ferait faire d'immenses économies
de chauffage, et donc de matières premières comme le pétrole. En outre,
nous gagnerions de larges étendues de terres cultivables en direction des
régions subpolaires, comme cela fut le cas dans les années 1930 à 60. A
l'époque, les exploitations agricoles du nord du Canada et de la
Scandinavie s'étaient en effet déplacées vers le nord. Dans les années
1970, lorsqu'il était plutôt à la mode de parler du retour du petit "âge
de glace", elles ont rétrogradé vers le sud. La même chose s'est
d'ailleurs produite en Afrique subsaharienne, où les éleveurs se sont
d'abord déplacés vers le nord, puis sont redescendus vers le sud, lorsque
la sécheresse a commencé dans les années 1970. Car lors de toute période
chaude, à l'échelle paléoclimatique comme à l'échelle récente, les
pluies tropicales sont plus abondantes. Ce qui veut dire que
paradoxalement, si le réchauffement était effectif, la sécheresse
cesserait dans le Sahel! Mais malheureusement, ce n'est pas le cas. -
Pourquoi parle-t-on alors de réchauffement climatique? Parce ce que tout
le monde accorde foi à la courbe de température globale publiée tous les
ans par l'OMM (Organisation Météorologique Mondiale) et le GIEC (Groupe
intergouvernemental sur le changement climatique). Or, cette courbe n'est
autre qu'une moyenne des températures mesurées dans 7.000 stations de la
planète, traitées à l'Université d'East Anglia, à Londres, sous la
direction de Philipp Jones. L'augmentation serait de 0,6° de 1860 à nos
jours, soit la différence de température qu'on observe à l'échelle
moyenne annuelle entre Nice et Marseille. Quel extraordinaire
bouleversement! Une telle valeur, donnée avec une fourchette de précision
de plus ou moins 0,2° sur un siècle et demi, est ridicule, car elle est de
l'ordre de la précision de la mesure. Cette courbe n'est d'ailleurs pas
validée par les mesures récentes effectuées par les capteurs de satellites
qui, depuis 1978, ne montrent au contraire aucune évolution notoire, pas
plus que les mesures issues de millions de radio-sondages. En outre,
comment parler de moyenne à l'échelle globale en mélangeant des
températures marines, continentales, urbaines et surtout des températures
de régions qui se refroidissent alors que d'autres se réchauffent? Par
exemple, l'Arctique occidental (au nord du Canada) se refroidit, alors
que l'Arctique au nord de la mer de Norvège se réchauffe. Que fait-donc
alors vraiment l'Arctique? On ne peut pas du tout dire avec certitude que
la terre se réchauffe. - Les modèles ne prévoient-ils pas pourtant une
augmentation de la température de 2 à 6°C d'ici l'an 2100? On n'a pas
besoin de modèle pour faire une telle prédiction. Le chimiste suédois
Svante Arrhénius (1859-1927) avait déjà "prédit" exactement la même
chose en 1903! Il avait appliqué une règle de trois entre le taux de CO2
de son époque, celui du futur et la température correspondante. C'est
exactement ce que font les modèles informatiques en insistant sur l'effet
de serre. Un modèle n'est qu'un super calculateur qui dépend entièrement
des données qu'on lui fournit et de la démarche qu'on lui impose pour
traiter ces données. Il ne faut pas prêter aux modèles des vertus
"magiques", d'autant plus qu'ils ne donnent qu'une vision très
incomplète et déformée de la réalité météorologique. En particulier, ils
ne tiennent pas compte de la circulation générale de l'atmosphère, de son
organisation et de son mouvement. Pour ces modèles, les discontinuités,
pourtant présentes partout dans la nature, ne sont tout simplement pas
prises en considération. Les modèles utilisés pour la prédiction
climatique sont fondés sur les mêmes principes que ceux utilisés pour la
prévision météorologique. Or, ces derniers se trompent constamment: ils
n'ont pas été capables de prévoir les tempêtes de 1999, les inondations
de Nîmes ou Vaison la Romaine, la canicule de 2003 et l'été pourri de
2004. Comment pourraient-ils être fiables à l'horizon de 2100?
D'ailleurs, comme le rappelle l'océanographe Robert Stevenson, ces
modèles prévoyaient une augmentation de la température de 1,5° pour l'an
2000; or, c'est six fois plus que ce que l'on a observé. - Pourtant,
il y a unanimité chez les climatologues pour dire que le réchauffement est
une réalité ... Non, on insiste sur un prétendu consensus chez les
climatologues, alors que celui-ci n'existe pas. Ensuite, il y a plusieurs
sortes de "climatologues". Prenons le GIEC, présenté comme l'autorité
en la matière. En réalité, il s'agit d'un groupement
intergouvernemental, c'est-à-dire que la nomination de ses membres est
politique, et ne répond pas à des critères scientifiques. D'ailleurs, la
grande majorité de ses membres ne sont pas climatologues, à l'instar de
Michel Petit, ingénieur en télécommunications, ou bien Jean Jouzel, qui
est un excellent chimiste glaciologue, mais dont les connaissances
scientifiques sur le climat sont limitées. Depuis l'avènement de
l'informatique, nombre de ceux qui s'autoproclament "climatologues"
sont en réalité des informaticiens-modélisateurs, qui accordent de très
loin la préférence à la statistique et aux téléconnexions, sans se
préoccuper des liens physiques réels. Il existe toutefois des
climatologues météorologues, comme le spécialiste suédois de l'élévation
du niveau de la mer Nils-Axel Mörner, ou encore le météorologiste canadien
Madhav Khandekar, qui en revanche se préoccupent en priorité de
l'observation des phénomènes réels et des principes physiques qui les
relient. C'est aussi, naturellement, le souci premier de notre
laboratoire. Ces derniers sont loin d'être convaincus par les résultats
des modèles. Même parmi les modélisateurs, certains, comme l'Américain
Richard Lindzen, restent très sceptiques concernant l'hypothèse du
réchauffement climatique. Le problème du GIEC, comme d'ailleurs de Météo
France, c'est que depuis les années 1980, ces organismes sont dominés par
les modélisateurs, vedettes des médias. Les climatologues réellement
soucieux de l'analyse du temps se sont d'ailleurs regroupés en
association, dont l'une particulièrement active est intitulée "climat
sceptics". - Le rôle nocif sur le climat des gaz à effet de serre est
quand même une donnée objective? Il n'y a rien de moins objectif
qu'une telle affirmation! Mettre l'accent sur les gaz à effet de serre
donne une vision très simpliste du climat, alors que d'autres facteurs
sont beaucoup plus importants; en particulier, ceux qui déterminent la
dynamique de l'atmosphère, les transferts méridiens d'air et d'énergie,
et pour faire simple, les transferts d'air froid et d'air chaud. Chacun
est capable d'observer que la température est fonction de ces brusques
changements, et qu'elle n'évolue pas de façon linéaire. L'important,
c'est d'abord de savoir pourquoi et comment des masses d'air froid se
forment et se déplacent; pourquoi elles remplacent ou sont remplacées par
de l'air chaud - autrement dit de préciser le mécanisme de la machine
atmosphérique. Le temps dépend au jour le jour de ces changements de
masses d'air; en revanche, sur le long terme, la variation dépend de
l'activité solaire (tâche, magnétisme, éruption et vent solaires), des
projections volcaniques, de la turbidité de l'air, des paramètres
astronomiques, etc... Comment voulez-vous que leur responsabilité dans le
climat puisse être mise en évidence dans des modèles qui ne prennent tout
simplement pas en compte l'ensemble de ces paramètres? L'effet de serre
est donc totalement marginal, sinon même insignifiant, d'autant plus que
le principal effet de serre n'est pas réalisé par le CO2 ou le CH4, mais
par la vapeur d'eau. Or, même la part réelle de la vapeur d'eau dans
l'effet de serre n'est pas considérée à sa juste valeur dans les
modèles. - Qu'observe-t-on alors à l'échelle globale? - On
n'observe rien, car il n'y a pas de "climat global". En revanche, on
connaît parfaitement l'évolution des climats régionaux qui suivent des
évolutions fort dissemblables. D'ailleurs, il est très révélateur de
constater que, de l'aveu même du GIEC, leurs modèles sont incapables de
restituer ces variations régionales! Dans son deuxième rapport de 1996, le
GIEC écrit: "Les valeurs régionales des températures pourraient être
sensiblement différentes de la moyenne globale, mais il n'est pas encore
possible de déterminer avec précision ces fluctuations." Cela signifie
que les modèles du GIEC seraient capables de donner une valeur moyenne
sans connaître les valeurs régionales qui permettent d'établir
précisément cette moyenne! Ce n'est pas très sérieux! Dans
l'Atlantique Nord, on observe un refroidissement de la façade ouest
(Canada, Etats-Unis à l'est des Rocheuses), alors que l'Europe
occidentale se réchauffe, notamment la Scandinavie. L'Europe centrale,
elle, se refroidit, comme la Méditerranée orientale, ou comme la Chine.
Ces différences de comportement résultent de la dynamique aérologique.
Cela dépend en effet des trajectoires des anticyclones mobiles polaires
(AMP). Ceux-ci sont de vastes lentilles d'air glacial de 1500 km de
rayon, générées quotidiennement par les pôles. Ces lentilles glissent au
ras du sol, sous les couches d'air chaud plus légères, contournant les
reliefs pour se diriger vers l'équateur. Sur leurs faces avant, elles
provoquent le retour vers leur pôle respectif de l'air réchauffé sous les
tropiques. Les AMP représentent l'exemple même de discontinuité que les
modèles informatiques refusent d'incorporer. En outre, ils pointent du
doigt le comportement particulier et l'importance des régions polaires
qui, contrairement aux prédictions des modèles, ne se réchauffent pas,
mais au contraire se refroidissent. - Vous voulez dire qu'il n'y a pas
de fonte des calottes glaciaires? - C'est un fait incontestable!
Cependant, évitons de généraliser: dans le détail, la glace de mer fond au
nord de la mer de Norvège ou dans la région des Aléoutiennes dans le
Pacifique nord, où arrivent de l'eau marine et de l'air chauds. En
revanche, la banquise ne varie pas au Nord du Canada. Comme l'écrit
correctement M. Postel-Vinay, rédacteur de la revue La Recherche, "le
gros de la calotte antarctique n'a pas fondu depuis sa formation, voici
60 millions d'années." L'observation satellite montre même qu'au cours
de la période 1979-1999, qui est celle de la plus forte hausse supposée de
la température, la surface de la banquise a globalement augmenté autour du
continent antarctique. Au Groenland, certaines régions fondent, notamment
sur les pourtours, mais la masse de glace augmente au centre de l'île,
comme la masse de la plupart des glaciers scandinaves. Le refroidissement
des pôles a atteint 4 à 5°C pendant la période 1940-90 - c'est-à-dire
plus de la moitié, mais en négatif, de la valeur prévue pour 2100! C'est
le démenti le plus flagrant apporté aux prévisions des modèles. Il est
d'ailleurs surprenant que ceux-ci aient pu concevoir un tel réchauffement
alors qu'il n'y a aucune raison physique qui puisse le justifier! Est-ce
seulement pour faire peur aux gens avec une prétendue montée des eaux qui
en résulterait? En revanche, ce qui est sûr, c'est que comme les pôles
se refroidissent, la puissance et la fréquence des AMP augmentent, les
contrastes de températures s'élèvent, les confrontations entre l'air
froid et l'air chaud sont plus vigoureuses et le temps devient de plus en
plus violent et de plus en plus contrasté dans nos latitudes. Il devient
aussi toujours plus irrégulier, avec des périodes étendues de froid puis
de chaud, des pluies abondantes et des sécheresses. Des records de chaleur
comme de fraîcheur sont d'ailleurs constamment dépassés. Par exemple,
le Canada a subi la pire tempête de verglas de son histoire en 1998, et la
Mongolie a connu deux hivers successifs tellement rigoureux que l'Etat a
dû faire appel à l'aide internationale. Il serait donc plus judicieux de
tenir compte de cette évolution réelle, plutôt que d'un hypothétique
scénario à l'horizon 2100, pour assurer, par exemple, une meilleure
gestion de l'eau, notamment dans le domaine agricole. La France n'est
pas plus épargnée qu'une autre région du monde. Nous avons déjà eu des
chutes de neige sur la forêt méditerranéenne, en 2002. La canicule de
l'été 2003 est encore un autre exemple, bien qu'elle ait été présentée
comme la preuve du réchauffement climatique par M. Besson, Président de
Météo France. Cette erreur de jugement est à la base de la mise en place
du plan anti-canicule pour l'été 2004, canicule qui n'a bien sûr pas eu
lieu. J'avais pourtant adressé, en août 2003, une note rectificative aux
principaux médias écrits et audiovisuels pour expliquer les causes de la
canicule. Il s'agissait tout simplement d'une hausse de pression,
elle-même conséquence d'une augmentation de fréquence des AMP, visibles
sur les images satellites, mais dont les modélisateurs ne veulent pas
entendre parler! - Un article paru dans le quotidien Le Monde du 18
septembre explique que la violence du cyclone Ivan constitue précisément
une preuve du réchauffement climatique. C'est très ironique car Ivan a
connu des prédécesseurs plus redoutables que lui, comme Hugo, ou Andrews.
En outre, le GIEC, dans les années 1990, prétendait que les modèles sont
incapables de prévoir l'évolution de la cyclogenèse, qui ne montre aucune
tendance à la hausse sur l'Atlantique Nord depuis un siècle. Les modèles
annonçaient alors que le réchauffement allait nous apporter une plus
grande clémence climatique: "Les tempêtes aux latitudes moyennes (...)
résultent de l'écart de température entre le pôle et l'équateur (...).
Comme cet écart s'affaiblira avec le réchauffement (...), les tempêtes
aux latitudes moyennes seront plus faibles", écrivait le GIEC en 1990.
Mais aujourd'hui, puisque le temps n'est pas conforme aux prévisions, le
même GIEC oublie ses propres dires et récupère la violence - plus
médiatique - du temps, en annonçant qu'il est précisément dû au
réchauffement. - Comment expliquez-vous une telle désinformation sur ce
sujet? Prédire le temps a toujours été une passion. Or, prédire que rien
d'alarmant ne va se produire n'est pas très intéressant. Au début du XXe
siècle, les prédictions alarmistes étaient déjà très à la
mode. Cependant, elles n'ont jamais réussi à s'imposer, car tous les
faits les contredisaient. C'est seulement à partir des années 1985 que
sont réapparus, lorsque la climatologie a été monopolisée par les
informaticiens, les scénarios les plus catastrophistes. Oubliant tout
simplement la météorologie, les modélistes ont appliqué des calculs en
vérité extrêmement simplistes dans des modèles super sophistiqués pour
imposer leurs concepts. Mais les hypothèses sur le réchauffement
climatique n'ont jamais été vérifiées par l'observation, pas plus au
début du XXe siècle qu'au début du XXIe. La fameuse courbe du GIEC n'est
qu'un artefact, constamment démenti par les mesures et les observations
satellites. En réalité, le problème dit du climat est en permanence
confondu avec celui de la pollution, deux domaines pourtant bien séparés,
qui ne seront bien traités l'un et l'autre que lorsqu'ils seront
dissociés. Il sert également de prétexte pour imposer une restriction à
l'activité humaine, considérée à tort comme à l'origine du réchauffement
climatique. La connexion d'intérêt qui s'est établie entre certains
laboratoires, plusieurs institutions internationales et certains hommes
politiques, a imposé la notion de réchauffement global. Suivre aveuglément
les "recommandations pour décideurs" du GIEC fait passer à côté des
phénomènes réels, dépenser vainement des sommes colossales pour des
réunions par définition inutiles, et n'autorise pas des mesures de
prévention efficaces contre les véritables aléas climatiques que nous
allons connaître. A quoi sert de préparer l'économie d'un pays à un
réchauffement, alors que tous ses thermomètres signalent un
refroidissement? Finalement, le réchauffement climatique revêt de plus
en plus un caractère de manipulation, qui ressemble vraiment à une
imposture "scientifique", et dont les premières victimes sont les
climatologues qui ne perçoivent de financements que lorsque leurs travaux
vont dans le sens du
GIEC. Global
Warming, Myth or Reality? publié en 2006, est donc un livre à lire
d'urgence! D'autant plus que, compte tenu de son thème à contre-courant,
il y a bien peu de chances qu'il soit jamais traduit en Français... |