Cachez ces mots que je ne
saurais voir le 07 Jul 2007 L'Union Européenne cherche à empêcher
l'utilisation de certains termes - jihad, islamique, fondamentaliste - et
le gouvernement anglais semble déjà se plier à cette novlangue. La
nouvelle a été révélée dans un
article du
Daily Express jeudi.
Les Anglais ont
sans doute été les premiers surpris de la façon dont leur gouvernement a
abordé les récents attentats et tentatives d'attentats subis par la
Grande-Bretagne. Ni le Premier Ministre Gordon Brown dans une conférence
de presse, ni la Secrétaire d'Etat Jacqui Smith dans la Chambres des
Communes, n'ont fait la moindre mention des termes "musulmans" ou
"Islam". Etrange omission dans le compte-rendu d'événements pour
lesquels la motivation religieuse a, disons, une place centrale... En
fait, comme l'ont appris des journalistes du Daily Express,
l'explication vient sans doute d'un document classifié émis par l'Union
Européenne à l'attention de tous les gouvernements membres, les invitant
à utiliser des termes "non-offensants" lorsqu'il s'agit de communiquer
sur le terrorisme. Sont ainsi à bannir les termes "jihad", "islamique"
or "fondamentaliste" - directive apparemment suivie par le nouveau
Premier Ministre britannique, qui a intimé aux membres de son gouvernement
de ne pas employer de termes incendiaires (sic) en évoquant les tentatives
d'attentat à la voiture piégée de Londres et de Glasgow. Les attentats
ont donc été commis par de simples terroristes, sans doute mûs par un
banal désir nihiliste qu'on ne saurait rapprocher de la moindre
religion. L'affaire a provoqué l'indignation de divers acteurs du
monde politique. Philip Davies, du groupe conservateur, a
déclaré: [Il est] totalement inacceptable que des gens de Bruxelles
nous disent quels sont les mots que nous avons le droit d'employer ou
non. Si nous accordons de l'importance à quoi que ce soit dans ce pays,
nous devons commencer par accorder de l'importance à la liberté
d'expression. La plupart des gens est horrifiée à l'idée que nous
permettions à l'Union Européenne de nous dicter notre conduite sur
cela." Gerard Batten, du parti MEP, a quant à lui annoncé que la
déclaration de Mme Smith était "la preuve que le gouvernement taille son
discours pour obéir aux mesures de la Commission Européenne" et demande
que le contenu complet du lexique soit divulgué. Les critiques émanent
même de certains membres du Parti Travailliste. Les lignes de conduites
de l'UE ont été tracées pour que les gouvernements du continent ne
fassent pas le lien entre Islam et terrorisme. Selon une source du
Ministère des Affaires Etrangères, le "lexique commun" n'est pas un
exercice de politiquement correct mais une tentative de trouver "un
vocabulaire et des définitions communes" pour des déclarations ayant
trait au terrorisme. Divers membres officiels de l'Union Européenne
expliquent quant à eux que ce lexique vise à éviter la stigmatisation des
musulmans et d'empêcher une "division exacerbée." Difficile pourtant
de nier le caractère religieux des attaques lorsqu'il vient au travers
des revendications des terroristes eux-mêmes... L'Union Européenne se
retrouve une fois de plus en flagrant déni de réalité, et le gouvernement
de Gordon Brown s'avère complice. Agissant dans le secret, il ne fait
aucun doute que les initiants de ce texte au sein de l'UE savaient
qu'ils marchaient dans une zone grise et que leur projet ne résisterait
pas à un examen public, ce qui en dit long sur leur volonté de
manipulation de l'opinion. La guerre contre le terrorisme est un combat
difficile dans lequel l'information tient une place centrale. Essayer de
balayer la motivation religieuse des terroristes est non seulement un
exercice voué à l'échec, mais d'une grande naïveté. En outre, elle prive
la communauté musulmane de toute possibilité de se défendre et de
condamner les attentats. Comment les musulmans modérés d'Europe
pourraient se défendre contre l'amalgame et crier leur différence d'avec
les terroristes quand les liens qui relient les simples pratiquants avec
les islamistes sont occultés par une directive de l'Union Européenne?
Loin de les protéger contre les interprétations abusives, le lexique ne
peut qu'augmenter les sentiments xénophobes à leur égard, ne serait-ce
que parce qu'il fait passer les musulmans pour des gens qu'il faut
protéger. Evidemment, nier la caractéristique essentielle de la vague
terroriste qui menace l'Europe ne laisse pas beaucoup d'espoir dans la
capacité des institutions européennes à résoudre le problème. Pour juguler
la menace du terrorisme islamique, il faut commencer par l'appeler par
son nom. |