Cinq ans de guerre en
Irak le 31 Mar 2008 Découvert via ¡No
Pasarán!, un
éditorial
de l'Investor's Business Daily revient
sur le cinquième année de la guerre en Irak. Le ton est si différent de
celui qui émane des médias français qu'il mérite définitivement une
traduction ici.
Cinq ans après le début de
la guerre en Irak, c'est devenu un lieu commun de dire que l'offensive
est un échec - au sein des médias dominants et de leurs éditorialistes
périphériques, en tous cas. Rien n'est plus faux. La guerre des
Etats-Unis en Irak, et par extension, le Président Bush, ont été exposés
au feu de la critique peu après le début de la première, en mars 2003.
Quelques citations saillantes, prononcées l'année précédente, furent
rapidement oubliées: "Nous savons depuis de nombreuses années que
Saddam Hussein cherche à acquérir et à développer des armes de destruction
massive." -- Sénateur Ted Kennedy, 27 septembre 2002. "Il est
clair (...) que s'il n'est pas contenu, Saddam Husseim continuera à
améliorer ses capacités à livrer une guerre bactériologique et chimique,
et continuera à tenter de développer des armes nucléaires." --
Sénatrice Hillary Clinton, 10 octobre 2002. "Nous savons qu'il a
aménagé des caches secrètes d'armes bactériologiques et chimiques à
travers son pays." -- Al Gore, 23 septembre 2002. Nous pourrions
continuer longtemps. Bien d'autres ont tenu des propos similaires. A
l'époque, l'idée qu'il fallait "faire quelque chose" à propos de
l'Irak était largement suivie, cela va sans dire. Les parlementaires
poussèrent même Bush à hausser le ton. Ensuite, à l'automne 2002, le
Congrès autorisa Bush à entrer en guerre. Ce n'est que plus tard, fin
2003 et début 2004, alors que les sondages montrèrent un soutien populaire
en train de s'éroder, que bon nombre de ces politiciens de premier plan,
qui avaient fait des harangues sur la guerre et voté pour elle au Congrès,
firent brusquement volte-face. Cet épisode est un des plus honteux
revirements politiques de l'histoire des Etats-Unis. Les adversaire
déclarèrent soudain que la guerre était une imposture, qu'ils ne
l'avaient soutenue que parce qu'ils avaient été dupés par des
renseignements falsifiés, que les Etats-Unis n'auraient jamais dû
renverser Saddam, que les Irakiens s'en sortaient mieux avec lui au
pouvoir qu'à travers une occupation américaine... En clair, la guerre
en Irak n'en valait pas la peine. Mais, à tous les égards, ils se sont
trompés. Les données sur la guerre n'étaient pas falsifiées;
pratiquement tous les services de renseignement étrangers importants,
dont, entre autres, ceux de France, d'Allemagne et du Royaume-Uni,
étaient persuadés que Saddam Hussein aspirait à la possession d'armes
nucléaires et biologiques - des armes de destruction massive. Plus
encore, les liens entre Saddam et al-Qaeda, malgré les récents rapports
cherchant à établir le contraire, étaient clairs. Il toléra ouvertement la
présence d'Ansar al-Islam, un mouvement affilié à al-Qaeda, au nord de
l'Irak. Il accueillit Abu Musab al-Zarqawi les bras ouverts avant que la
guerre ne commence. Ses services d'espionnage rencontrèrent Mohammed
Atta, le chef de la cellule d'al-Qaeda en charge des attentats du 11
septembre, des mois avant qu'il n'attaque les Twin Towers. Oussama ben
Laden écrivit même une fameuse lettre à Saddam dans les années 90,
appelant à l'aide. Comme le dit Tom Kean, vice-président du Comité
d'enquête sur le 11 septembre et ancien gouverneur du New Jersey, "il
n'y avait aucun doute dans nos esprits quant à une relation entre l'Irak
et al-Qaeda." De nombreux bénéfices concrets ont été obtenus en chassant
Saddam du pouvoir - aucun d'entre eux n'étant, au passage, lié au "Sang
pour du pétrole", ce slogan mensonger et diffamatoire tant répété par la
gauche pour ternir l'effort de guerre américain. Par exemple, Mouammar
Kadhafi, le tyran lybien, abandonna ses recherches nucléaires quelques
semaines après que les Etats-Unis eurent renversé Saddam. Est-ce une
coïncidence?1 La Syrie retira ses troupes du Liban, un pays
qu'elle avait brutalisé pendant des décennies. Des élections suivirent.
L'Irak et l'Afghanistan eurent droit à des élections équitables, pendant
que l'Arabie Saoudite, l'Egypte et même la Syrie reconnurent des
mouvements démocratiques. La Corée du Nord accepta soudainement de
discuter. Aucune arme de destruction massive n'a été trouvée,
dit-on? Au contraire, les troupes américaines ont découvert plus de 500
armes de destruction massives en Irak2. C'est vrai, les
soldats n'ont pas déniché d'arme nucléaire opérationnelle, mais les
inspecteurs des Nations Unies ont mis la main sur une foule d'équipements
et de plans montrant que l'Irak avait travaillé pour en élaborer une - et
avait l'intention de recommencer. Ce sont des faits. Et en voilà encore
d'autres: L'Irak est aujourd'hui une économie florissante. De 2002 à
2006, dernière année pour laquelle les données sont disponibles, le PIB
par habitant a augmenté de 110%. Avant la guerre, 833'000 personnes
disposaient d'un téléphone. Aujourd'hui, elles sont 9.8 millions. Moins
de 5'000 personnes avaient accès à Internet sous le règne de terreur de
Saddam; aujourd'hui, elles sont 250'000. Il n'y avait aucune chaîne
de télévision privée sous Saddam; aujourd'hui, l'Irak en compte plus de
50. Il y a au moins 260 quotidiens et magazines en Irak contre aucun au
temps de Saddam. Avant la guerre, 1.5 millions de voitures étaient
répertoriées; en 2005, il y en avait 3.1 millions. Bref: à travers à peu
près n'importe quelle mesure objective choisie, les Irakiens s'en sortent
bien mieux aujourd'hui que lorsqu'ils ployaient sous le joug de Saddam.
Ceux qui réfutent cette affirmation se font des illusions, pour le
moins. Et plus aucun sbire de Saddam ne vient enlever des gens de leurs
foyers pour les abattre ou les emporter, hurlants, dans des séances de
torture. Selon certaines estimations, 50'000 personnes mouraient chaque
année des campagnes génocidaires de Saddam, de ses épurations ethniques et
de ses meurtres politiques. L'année dernière, au plus fort du "surge",
il y eut 18'000 morts chez les civils - la plupart infligés par les
terroristes. Aujourd'hui, la démocratie irakienne naissante, bien
qu'imparfaite, semble robuste. Un regard récent sur l'Index de la
Liberté Politique classe l'Irak au quatrième rang au Proche-Orient, sur
un total de 20 pays. Ceux qui qualifient la guerre "d'échec" doivent
redéfinir ce terme. Depuis que la stratégie de "surge" a commencé il y
a un an, presque tous les indices de violence sont en baisse, et en baisse
sérieuse: les victimes civiles ont baissé de 80% par rapport à leur plus
haut niveau; les attaques ennemies, de 40%; les attentats à la bombe, de
81%. Certes, les victimes américaines s'approchent des
4'0003. Et la mort de chaque soldat courageux est une
tragédie. Mais les Etats-Unis ont perdu bien plus d'hommes le seul jour
du Débarquement. En 2007 - largement pointé l'été dernier par les
médias comme la "pire" année depuis le début de la guerre - 901 soldats
américains perdirent la vie en Irak. A titre de comparaison, durant
l'administration Clinton, une moyenne de 938 soldats américains sont
morts chaque année au sein de l'armée. L'idée selon laquelle l'armée
américaine subirait des pertes excessives est fausse et trompeuse. Ceci
est la guerre la moins sanglante de l'histoire. Jusqu'ici, le
gouvernement américain a dépensé 500 milliards de dollars pour cette
guerre, moins de 1% du Produit Intérieur Brut sur les cinq dernières
années. Malgré tout, avec cet argent, l'histoire du Moyen-Orient a été
façonnée dans une nouvelle direction, donnant aux populations locales une
chance de se libérer des chaînes de la tyrannie et de vivre dans des
démocraties paisibles. Al-Qaeda a été sérieusement frappée, ses chef clef
abattus et les sympathisants du mouvement terroriste démoralisés. Les
Etats-Unis n'ont pas eu à souffrir d'une seule attaque terroriste
majeure depuis le 11 septembre - sans aucun doute en partie parce que les
Américains ont montré qu'ils donnaient la mesure une fois attaqués. Tout
aussi important, la diplomatie internationale s'est désormais recentrée
sur la menace nucléaire que font peser les Etats-voyous, une nouvelle
attitude qui pourrait bien sauver l'Occident. Pas si mal pour une
guerre impopulaire. Les Démocrates peuvent bien proposer un retrait total
de toutes les troupes américaines, comme Barack Obama l'a dit, mais les
Américains semblent davantage se tourner du côté du Président Bush. Il a
appelé au maintien des forces américaines en Irak jusqu'à ce que la
guerre soit complètement gagnée. Nous lui donnons raison.
Notes: 1: On peut sans doute classer dans la même
catégorie la fameuse et soudaine "suspension" temporaire des recherches
nucléaires iranienne en 2003, suggérée par un rapport des services secrets
américains. [NdT] 2: Parmi les ADM retrouvées, des ogives creuses
usinées spécialement pour recevoir des substances chimiques au lieu
d'explosifs. [NdT] 3: Le cap de 4'000 a été dépassé depuis, comme
chacun sait suite à la célébration de l'événement par les médias. [NdT] |