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 Cachez cet islamiste que je ne saurais voir  le 12 Nov 2009
Le massacre de Fort Hood au Texas a donné lieu à une couverture médiatique des plus particulières.

On savait à peine si le tireur était mort ou vivant qu'une première idée-force irradiait par tous les canaux: ce n'était pas un attentat islamiste. Rien à voir. Alors que l'enquête progressait, on en apprenait davantage sur ce non-attentat. Selon des témoins, le Major Nidal Malik Hasan, vêtu d'un habit musulman traditionnel sous son uniforme, pénétra dans un bâtiment médical de Fort Hood, pria brièvement, cria "Allah Akbar" et ouvrit le feu sur des soldats américains. Pas vraiment de quoi crier à l'attentat islamiste, donc. Juste un de ces fous furieux, si communs aux Etats-Unis, celui-ci ayant choisi de donner à son acte dément une couleur plus exotique.

Le Major Nidal Malik Hasan était psychiatre. Il a tué treize personnes; les autorités judiciaires débattent en ce moment de son éventuel inculpation pour une quatorzième victime, une femme tombée sous ses balles étant enceinte. Lorsqu'il sortira de l'hôpital San Antonio où il est désormais soigné, ses collègues s'amuseront sans doute beaucoup à démêler le vrai du faux dans ses explications. C'est toujours plus drôle avec quelqu'un qui connaît les ficelles du métier!

Je conclus ce court commentaire en livrant la traduction d'un article de Mark Steyn.


Treize morts et 31 blessés marqueraient une bien mauvaise journée pour l'armée américaine en Afghanistan, et une grande victoire pour les Talibans. Quand cela survient au Texas, au cœur de la plus grande base militaire de la nation, dans un centre d'opération servant à recevoir les soldats en partance vers les zones de combat à l'étranger et à accueillir ceux qui en reviennent, ce n'est plus une "tragédie" (comme trop de gens la qualifient) mais un avant-goût d'un point faible potentiellement fatal dans ce que les Américains appellent, depuis le 11 septembre, la "Guerre contre le Terrorisme."

De braves soldats entraînés à traquer et à tuer les enemis de l'Amérique à l'étranger furent tués la maison, essentiellement par le même adversaire - un homme qui croit et soutient tout ce que fait l'ennemi. Et cet homme est un Major dans l'armée américaine.

Ses supérieurs hiérarchiques et d'autres autorités connaissaient ses convictions mais semblaient penser que c'était juste un détail sans intérêt lié à la diversité culturelle - comme si l'écriture de pensées du style "les Musulmans devraient se soulever et lutter contre l'agresseur" (c'est-à-dire, ses collègues soldats) ou d'autres contributions sur Internet louant le triomphe du "noble" "héroïsme" des kamikazes et, en fait, le soutien objectif du camp adverse dans une guerre en cours pouvait être perçu comme une forme de style de vie pittoresque, pimentant le quotidien de la base.

Quand l'identité du tireur, Nidal Malik Hasan, finit par émerger mardi après-midi, les contributions sur Twitter arrivèrent en rafale avec cette formulation frappante: "Jugez le Major Nidal Malik Hasan sur ses actes, pas sur son nom."

Les accros inquiets de Twitter peuvent se rassurer: ce genre de danger ne s'est jamais concrétisé - et pas seulement parce que les premiers reportages du New York Times sur le Major Hasan n'ont jamais mentionné les mots "Musulman" ou "Islam", ou parce que la seule observation de Martha Raddatz sur ABC en mentionnant le suspect fut de citer la femme d'un officier disant "je regrette qu'il ne se soit pas appelé Smith."

Quelle étrange réaction. Je suppose qu'elle veut dire que si son nom avait été Smith, nous aurions pu tous nous retrancher dans les mêmes illusions confortables qui permirent jusque-là à la bureaucratie de donner le grade de Major à Nidal Malik Hasan et de l'installer au cœur de Fort Hood, ignorant tout ce qui importait sur l'essence même de cet homme?

Depuis les attentats du 11 septembre, comme le recommandent les aficionados de Twitter, nous avons jugé les gens sur leurs actes: envoyer des avions dans des gratte-ciels, s'exploser dans des boîtes de nuit à Bali ou dans le métro londonien, planter des mines improvisées sur les routes de Bagdad ou de Tikrit. Et nous avons globalement répondu avec nos propres actions: détruire des camps d'entraînement en Afghanistan, démanteler des réseaux de combattants à Fallujah et Ramadi, déjouer les complots terroristes à Londres, Toronto et Dearborn.

Cependant, nous nous efforçons de ne porter aucun jugement sur l'idéologie amenant un homme à s'écraser en avion contre un building ou à se faire exploser dans un métro. Il y a un trou au cœur de notre stratégie. Nous utilisons des tournures rhétoriques comme "l'Islam radical" ou, si ça sonne encore un peu trop islamophobe, le bon vieil "extrémisme radical".

Mais nous n'avons jamais fait le moindre effort pour tracer la ligne qui sépare ce fameux Islam radical de l'Islam non-radical. En réalité, nous faisons de gros efforts pour la rendre encore plus floue. Et, quelque part dans ces méandres nauséeux, couvent des pathologies à l'instar de celle de Nidal Malik Hasan.

Psychiatre de l'armée, le Major Hasan était Américain de naissance et d'éducation. Il obtint son diplôme de Virginia Tech et reçut son doctorat de l'Université Militaire des Sciences de la Santé de Bethesda, tirant le meilleur d'une éducation d'élite à un demi-million de dollars.

Mais il s'opposa aux agissements de l'Amérique au Moyen-Orient et en Afghanistan, et donna des marques d'approbation à propos de djihadistes sur le sol américain. "Vous devez la boucler, Major!" avertit son officier supérieur, le Colonel Terry Lee. Mais il n'eut pas besoin de la boucler le moins du monde. Il pouvait dire pratiquement ce qu'il voulait, et si quelques signaux d'alerte furent éventuellement levés, ils furent promptement ignorés. Bien des gens sont "anti-guerre". Objectivement, certains sont carrément de l'autre côté - ils encouragent et soutiennent les attaques contre les troupes américaines et les civils.

Peu de gens de cette dernière catégorie ont le grade de Major dans l'armée américaine. Du moins peut-on l'espérer. Mais pourquoi en être surpris? Azad Ali, un homme exprimant son point de vue à travers des répliques comme "Si je voyais un Américain ou un Britannique portant un uniforme de soldat en Irak, je le tuerais parce que c'est mon devoir", est conseiller au Département des Procureurs de la Couronne, en Grande-Bretagne.

La semaine dernière, à Toronto, Nonie Darwish, une courageuse ex-musulmane, mentionna en passant que sur un vol entre les Etats-Unis et le Canada, un officiel des douanes apparemment musulman lui demanda longuement la raison de son séjour. Lorsqu'elle révéla qu'elle s'apprêtait à donner un discours sur la Loi islamique, il la réprimanda: "Nous ne devons pas mettre en question la Sharia."

C'est le type qui occupe le bureau de la sécurité à l'aéroport.

Dans les colonnes du New York Times, Maria Newman mentionna la Foi de Hasan de façon oblique: "Il était célibataire, selon le dossier, et n'avait pas de préférences religieuses exprimées." Dieu merci, n'est-ce-pas? Un voisin au Texas dit que le Major avait "Allah" et un autre mot en arabe accrochés à sa porte. "Akbar" peut-être?

Le jeudi matin, il est dit qu'il confia des exemplaires du Coran à ses voisins. Il cria en Arabe alors qu'il tirait. Mais ne vous inquiétez pas: aussi longtemps que le FBI nous assure qu'il n'y a là rien de tordu, pas besoin d'y chercher un acte terroriste.

C'est d'ailleurs exact, dans un certain sens: le Major Hasan n'avait pas sa carte de membre auprès de la branche d'Al-Qaeda au Texas et ne faisait pas de rapport à un officier de liaison au Yémen ou au Waziristan. Dommage, l'enquête aurait été plus facile.

Mais les mêmes pathologies palpitant au sein d'al-Qaeda étaient aussi à l'œuvre chez le Major Hasan, et à la fin ses pulsions islamiques déjouèrent sa coûteuse éducation occidentale, sa formation de psychiatre, sa discipline militaire - toute son identité américaine.

On pourrait dire la même chose de Faleh Hassan Almaleki de Glendale, en Arizona, arrêté la semaine dernière après avoir tué, en l'écrasant sous ses roues, sa fille Noor, "trop occidentalisée" à ses yeux, dans le dernier des "crimes d'honneur" en date aux Etats-Unis. Ou encore, on pourrait dire la même chose de deux résidents américains - l'un de nationalité américaine, l'autre Canadien - arrêtés quelques jours plus tôt pour avoir planifié de se rendre par avion au Danemark pour y assassiner l'éditeur qui avait commandé les fameuses caricatures de Mahomet. Mais le frère de Noor Almaleki se contente de hausser les épaules avec fatalisme. "Ce qui a un sens dans une culture n'en a pas forcément dans une autre", explique-t-il.

En effet. Pour les infidèles, l'Islam est dans un certain sens impensable, et la plupart d'entre nous s'en contente largement. Quant à la vaste majorité des Musulmans, elle ne complote pas pour tuer des dessinateurs ou assassiner ses filles ou tirer sur des douzaines de collègues soldats. Pourtant, l'Islam inspire suffisamment souvent ce genre de pratiques pour qu'on doive en faire un sujet de recherche. Mais ne vous attendez pas à grand-chose. Nous préférons parler d'autre sujets - même dans l'armée.

Ce qui est arrivé à ces hommes et femmes de Fort Hood représente un terrible symbole: des membres de l'armée la mieux entraînée et la mieux équipée du monde se sont fait abattre par un type tenant des propos loufoques que personne n'a pris au sérieux. Et c'est là tout le problème. L'Amérique a les meilleurs soldats et la plus grande puissance militaire, mais aucune stratégie pour étrangler l'idéologie qui inspire l'ennemi, tant en Afghanistan qu'au Texas.
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