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 Salvador Allende  le 26 Dec 2005
L'histoire du Chili, de Salvador Allende et d'Augusto Pinochet sont indissociables. Suite à une sévère empoignade lue par ailleurs à ce sujet, Ashamed Frenchman se donna la peine de rappeler quelques vérités historiques dérangeantes à ceux qui voient dans le dernier président chilien une victime de l'histoire. J'en profite sans vergogne pour les retranscrire et les traduire.

Il n'est pas question de remettre ici en cause le caractère totalitaire du gouvernement de Pinochet, mais de situer le contexte de sa création. L'avènement du dictateur n'aurait jamais pu avoir lieu sans la gestion de l'Etat chilien à laquelle se livra son prédécesseur. Cela n'empêche pas qu'on remâche régulièrement la légende dorée de Salvador Allende - une fiction à la vie dure. Elle se résume en quelques mots:

"Dans les années 1970, le peuple chilien élut démocratiquement et conformément à la constitution chilienne un président socialiste, Salvador Allende, qui commença les réformes économiques pour lesquelles il avait fait campagne. Gouvernant paisiblement, sans jamais faire tuer ni emprisonner personne pour raisons politiques durant son mandat, il ne parvint cependant pas à les mener à bien car il fut renversé par un dictateur de droite, Augusto Pinochet, soutenu par l'Oncle Sam / L'internationale Juive / l'Opus Dei / etc. simplement parce qu'il était de gauche et que c'était inacceptable en cette période de guerre froide. L'âge sombre du Chili de Pinochet commença alors."

Revenons dans le monde réel.

Les élections législatives chiliennes qui amenèrent indirectement Salvador Allende au pouvoir commencère par déboucher sur un blocage total. Le parti d'Allende était en fait une coalition de six partis de gauche, réunissant 36.30% des voix au total, face aux 34.98% du Parti National et aux 27.84% des Démocrates Chrétiens. Seulement, il n'y avait pas de second tour et les élus durent se livrer à des négociations interminables avant de finir par porter Salvador Allende au pouvoir après que celui-ci eut juré de respecter la constitution chilienne. Allende fut désigné et non élu. Jamais il n'obtint la majorité des suffrages dans une élection populaire.

Afin de réaliser son programme socialiste, fallacieusement baptisé "transition démocratique vers le socialisme", contre la volonté du peuple chilien, Allende usa de plusieurs méthodes: intervention directe dans les entreprises acquises par l'Etat au prix de déficits massifs et "réquisitions légales" au cours de l'Opération Asphyxie. Pour ce genre d'opérations, des syndicats comme le "Mouvement Gauchiste Révolutionnaire", un groupe terroriste coupable de centaines de meurtres, furent créés pour semer le trouble dans une multitude de sociétés privées. Suite à ces troubles, le gouvernement s'en appropriait le contrôle au prétexte qu'il fallait avant tout "garantir la production", comme le permettait la loi 520 de 1932 autorisant le gouvernement à court-circuiter la direction des usines produisant des "biens essentiels." L'objectif était de détruire l'environnement économique de la société chilienne pour précipiter le pays dans la dictature du prolétariat.

Le gouvernement d'Allende s'empara du système bancaire chilien en achetant massivement des actions des banques par de l'argent imprimé pour l'occasion ou capté par des impôts incroyablement élevés. Dans plusieurs cas, il fallut passer par des menaces pour faire paniquer les actionnaires, baisser les cours et rafler la mise à moindre prix. Comme la création artificielle de monnaie amena une inflation galopante et une panique nationale, des "mesures de sauvegarde" furent mises en place pour justifier un contrôle policier des citoyens chiliens qui n'aurait pas pu se faire dans d'autres conditions. Cette inflation permis aussi à l'Etat d'avoir un prétexte pour fixer les prix par décret, ce qui amena immédiatement à la banqueroute les entreprises qui n'étaient plus profitables avec ces contraintes. La rupture d'approvisionnement résultante fut exploitée par le gouvernement pour imposer le rationnement (une première dans l'histoire du Chili) et donner à la junte marxiste aux commandes des usines restantes une influence décisive sur la vie quotidienne des Chiliens.

Dans le même temps, une loi fixa un revenu maximum pour les travailleurs hautement qualifiés et des indépendants. Associée à l'inflation vertigineuse, cette mesure dévasta en très peu de temps toute la classe moyenne. L'objectif était de concentrer tout les pouvoirs entre les mains des marxistes.

L'expérience chilienne était un exemple parfait de ce que des économistes comme Von Mises et Hayek avaient décrit longtemps auparavant: la mainmise de l'Etat sur l'économie est la "route de la servitude" qui mène finalement à l'annihilation des droits individuels, de la protection de la sphère privée et de la liberté d'expression. Cette dernière était, sans surprise, également dans le collimateur du régime marxiste. Le gouvernement se lança dans une attaque en règle contre la presse et la liberté de parole: les sièges des journaux Mercurio, Tribuna et Mañana furent attaqués, l'éditeur Zig Zag fut nationalisé, les journalistes furent harcelés et parfois torturés comme par exemple dans le cas de la chaîne Canal 13.

Au bout de trois ans de socialisme appliqué à ce rythme, le Chili était à deux doigts de sombrer dans la guerre civile. Le 7 septembre 1973, le pays n'avait plus que pour quatre jours de farine en réserve. La production perdait 10% par an depuis sa nationalisation. A cause de l'inflation délirante, les denrées indispensables ne pouvaient guère se trouver que sur le marché noir, lequel était géré en sous-main par les organisations marxistes. D'énormes quantités d'armes furent importées, principalement de Tchécoslovaquie, avec la complicité du gouvernement et stockées dans des dépôts. Avec ces armes, le Mouvement de la Gauche Révolutionnaire avait pour objectif une stratégie de pouvoir parallèle, se substituant peu à peu au gouvernement. Pour cet objectif, il mit en place des milices formées par 2'000 encadrants, principalement des Tchèques et des Nord-Coréens.

Le but des marxistes était d'amener le Chili au socialisme en occupant illégalement les terres et les entreprises, ainsi qu'en assassinant les opposants politiques, comme le démocrate-chrétien Christian Pérez Zujovic, ancien Vice-Président et ministre dans le gouvernement Frei qui avait précédé Allende. Les marxistes se préparaient aussi à livrer une guerre civile contre les forces armées pour finir de faire table rase de l'organisation politique existante, avec la complicité active de Salvador Allende. Il se contentait de saborder le navire dont il était le capitaine pour amener un nouvel ordre social basé sur l'utopie communiste, comme l'endurent encore à ce jour les populations cubaines ou nord-coréennes.

Le drame de la Constitution du Chili, c'est qu'elle ne permettait pas de destitution. Le pouvoir législatif avait beau être hostile à Allende depuis 1972, il n'avait pas les moyens de désavouer le président - et bien que celui-ci ait depuis longtemps rompu son serment de respecter la constitution. A chaque fois que le Parlement tentait de destituer un ministre, Salvador Allende se contentait de le nommer à nouveau pour un autre ministère. Finalement, le 23 août 1973, le parlement et la Cour Suprême demandèrent aux forces armées de mettre un terme à cette situation, rappelant les innombrables violations de la loi et de la constitution auxquelles s'était livré Allende et son gouvernement.

Le 11 septembre 1973, l'armée chilienne sous commandement du général Pinochet se livra à un siège de La Modena où Allende avait trouvé refuge et où il finit par mettre fin à ses jours (certains avancent l'hypothèse crédible qu'il ait été trahi et exécuté par ses "amis" communistes.) C'était la fin de trois ans de socialisme qui laissèrent un pays en ruine, une inflation qui se comptait en milliers de pourcents, une production industrielle anéantie et une population miséreuse au bord de l'insurrection simplement pour avoir de quoi manger.

 

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